"Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais leurs jugements sur les choses" - Epictète
"Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais leurs jugements sur les choses" - Epictète

Eurêka Thérapie : devenez l'artiste de votre propre vie...

Cultivez la divergence

Posons d’emblée le postulat suivant : face à un problème, il n’y a pas une seule solution, mais une infinité. Face à un événement, il n' y a pas la vérité, mais une multitude d’interprétations possibles. À nous, créatifs, d’aller au plus loin dans cette exploration des possibles pour inventer le réel qui ne se donne pas comme a priori de l’expérience.

 

La première des postures créatives consiste ainsi à cultiver les divergences, penser et dire tout et son contraire, prêcher le faux pour savoir le vrai, bref s’autoriser à divaguer...

 

La pratique des divergences apparaît alors comme la condition sine qua non de la créativité. Sa mise en œuvre suppose une suspension de tout jugement critique, une mise à l’écart des sentiments, émotions et inhibitions. Dans cette phase du process créatif, toutes les idées sont les bienvenues, sans restriction. Seule compte leur accumulation.

 

Rêverie réaliste, délire contrôlé, folie raisonnable, agitation sereine, désordre organisé... le process créatif nous invite à quitter la zone de confort où tout était bien rangé, posé, étiqueté (en bon comme en mauvais) pour nous aventurer dans une aire incertaine et sans bornes : celle du jeu, mais aussi du risque et du changement.

 

Exercice #1 : Faites l'inventaire de vos contradictions (durée : 5 minutes)

 

Sur une grande feuille de papier, vous allez dessiner les contours de votre personnalité.

Pour cela, tracez d’abord trois colonnes. Dans la première, notez les traits de caractères que vous vous attribuez spontanément, qualités et défauts...  Dans la deuxième, tout ce qui, selon vous, ne vous ressemble pas. Dans la troisième, les contraires des . Durant l’exercice, pensez aussi de ce que les autres disent de vous, leurs reproches, leurs éloges... Sont-ils tous d’accord? Quels sont parmi eux, ceux qui vous paraissent les plus justes dans le jugement qu’ils portent sur vous ? Allez jusqu’au bout du temps imparti, sans réfléchir, en écriture automatique. Laissez au fil de l’exercice la confusion s’installer. En vous relisant, relevez toutes vos contradictions. Rassurez-vous ce n’est pas grave, au contraire ! Plus long est l’inventaire et plus vous découvrez votre potentiel créatif. Il ne vous reste plus à présent qu’à réaliser votre portrait paradoxal. N’hésitez pas à y intégrer des visuels pour obtenir un résultat qui vous inspire. Voici, à titre d’exemple, ce que j’ai réalisé en pratiquant l’exercice.

 

Portrait du créatif en excentrique

 

En quoi cette perception paradoxale de soi peut nous être utile ? En tant que l’acte créatif consiste à produire des idées variées en quantité, suppose d’accepter nos contradictions, et même de cultiver nos divergences de sensibilité, d’intérêts ou d’opinions. Par ce mouvement centrifuge, le créatif est littéralement un grand excentrique. Non qu’il cherche à choquer à la façon des dandys, mais parce qu’il se propulse hors de lui, se disperse, pour quitter le courant dominant de ses habitudes, de ses certitudes et de ses acquis. Ne redoutez plus le subversif Mr Hyde qui est en vous !

 

Le chasseur d’idées, en sortant ainsi des sentiers battus, tend cet « arc des contraires » dont Nietzsche faisait l’arme du génie. Et s’il installe son campement, c’est en nomade, dans l’inconfort des antagonismes.

 

Une perspective en creux : les gens "entiers"

 

A contrario de ce que nous travaillons là, vous serez couramment exposé à des gens qui se revendiquent « entiers ». Une qualité morale qui masque le plus souvent une inaptitude à considérer comme une richesse la diversité des points de vue, ou encore à négocier des compromis en cas de conflit. Aux gens « entiers » les idées bien arrêtées, souvent préconçues, une autre façon de n’en avoir aucune. Aux autres, aux songe-creux,  les chimères, les élucubrations et le « parler-pour-ne-rien-dire ». Défenseurs de l’ordre établi, les « entiers » s’opposent ainsi à tout ce qui pourrait troubler ou déranger les acquis. Dépourvus d’imagination, ils sont a contrario, prompts à juger, à critiquer, à dénigrer ce qui est inventif ou simplement nouveau. Méfiez-vous donc de ces créaticides, réfractaires aux changements, adeptes des clichés, défenseurs de l’immobilisme et du maintien de toutes les catégories : sociales, culturelles et politiques.

 

Mais il est temps de nous exercer à cette souplesse émotionnelle de la divergence pour libérer notre potentiel créatif, explorer toutes ses ressources et concilier nos contradictions.

 

La citation sur la divergence

 

« Je ne saurais rester plus longtemps dans un club qui accepte un type comme moi parmi ses membres »

Groucho Marx 

 

Éloge de l'indétermination

 

Démonstration par l’absurde. Changeons à présent de point de vue et cherchons ce qui pourrait être le contraire d’une personne « entière », c’est-à-dire le contraire du contraire d’un sujet créatif. (Vous me suivez ?) En consultant le dictionnaire, nous trouvons les 3 antonymes suivants :

 

  • Morcelé
  • Partiel
  • Conciliant

 

Voilà qui est intéressant ! Ces 3 mots nous renseignent un peu plus sur les postures divergentes qui permettent de libérer notre potentiel créatif.

 

« Morcelé » reprend la personnalité paradoxale du créatif « ondoyant et divers » comme se décrivait lui-même Montaigne dans ce modèle de créativité que sont les Essais. Tout à la fois caméléon,  arlequin et kaléidoscope vivant.

 

« Partiel » insiste sur un point à garder en tête: la créativité est sans limites. Ce qui signifie qu’au plus loin des possibles permis par l’exercice de la divergence, nous ne mettrons en face d’un problème, jamais rien de définitif, d’indiscutable ou d’absolu, mais seulement des réponses relatives et provisoires. Même l’idée qui foudroie comme une révélation ne reste que la meilleure des réponses possibles, en deçà de celle qui aurait pu encore germer si le process n’avait pas été limité dans le temps ou contraint par les ressources mobilisées.

 

« Conciliant » évoque une suspension du jugement. Dans la phase de dissociation, le créatif devient spectateur de sa diversité, révèle sa personnalité plurielle, sans parti pris ni détermination marquée. Comme on le dit de la Police, il « n’écarte aucune piste » En fin limier, il se garde bien de clore trop tôt son débat intérieur et ne s’y résout que dans le dépassement dialectique des contraires.

 

Une méditation sur la divergence : il était un beau navire...

 

Thésée revient de Crète après avoir tué le Minotaure. Le monstre sanguinaire ne pourra plus dévorer les jeunes Athéniens que le roi Minos lui livrait en pâture dans son terrifiant labyrinthe...

 

En lisant ces lignes, vous voilà devenu le beau et grand navire de Thésée. Vous portez votre glorieux équipage vers Athènes, les voiles et le cœur gonflés de fierté. À votre arrivée, on vous acclame, on vous expose dans le port. Vous êtes célébré comme le vivant souvenir de cette aventure. Au fil du temps, des ouvriers attentifs vous entretiennent avec soin. Vos poutres pourrissantes sont patiemment remplacées par des neuves, de mêmes les planches du pont vermoulu, et les cordes élimées et vos voiles crevées. Malgré les années, ainsi gardez-vous tout votre éclat d’antan. Certains soirs pourtant, quand, seul, vous regardez le soleil descendre à l’horizon, une rumeur vous tourmente. On dit dans la cité que vos pièces d’origine servent à reconstituer dans un musée un autre navire devant lequel la foule à présent se presse. « Cet autre, vous demandez-vous, qui est-ce ? Un rival, un imposteur ? Un souvenir ou bien une réplique de moi-même ? Et votre réflexion vous entraîne plus loin dans le trouble: « Suis-je vraiment le navire de Thésée? Dois-je continuer à m’ancrer dans cette croyance ou au contraire prendre la mer au plus vite pour vivre de nouvelles aventures ? ».

 

Laissez encore quelques minutes la brise du soir pousser vos questions, puis revenez à vous, à votre rythme, ici et maintenant.

 

Divagation ? Peut-être... Divergence ? Assurément.

En prenant conscience de vos mutations, vous devenez étranger à vous-même, expérimentez le vertige du « Je est un autre » d’Arthur Rimbaud. Cependant, de cette dérive identitaire qui vous change d’une époque à l’autre, d’une année sur l’autre ou d’une minute à l’autre, vous tirez le pouvoir d’ouvrir tous les possibles de la création.

 

Exercice #2 : le regard qui embrasse

(durée : de 3 à 15 minutes)

 

Il s’agit dans cet exercice de défocaliser votre attention et de vous immerger dans un environnement dont vous allez percevoir toute la richesse et la diversité.

 

Installez-vous pour cela dans un bon fauteuil. Le regard doux, vous ne fixez rien de précis, ou bien, si cela peut vous aider, un point imaginaire et invisible dans l’espace. Prenez quelques bonnes inspirations pour vous détendre. Attendez qu’un premier flou s’installe. Sans bouger les yeux, étirez alors votre vision comme si vous étaliez de la peinture avec une large brosse sur le mur, à gauche, à droite, en haut, en bas. En développant ainsi votre vision périphérique, vous embrassez désormais toute la pièce du regard. Visualisez aussi ce qui se trouve derrière vous. Notez vos changements de perception : les reliefs, les zones de couleurs, l’acuité des détails...

Votre conscience ordinaire retranche plus qu’elle ne dévoile. Elle vous restitue que ce qui vous paraît utile sur le moment. En levant ce filtre sélectif, vous accédez à un état de conscience élargie. Le regard qui embrasse, c’est celui que vous portez sur un problème auquel vous voulez trouver le plus grand nombre de solutions.

Lorsque vous serez suffisamment entraîné, faites l’exercice en marchant dans un décor familier : autour de chez vous, dans un jardin ou sur le chemin de votre bureau. Le sentiment d’immersion est encore plus fort et vous découvrirez une multitude de phénomènes auxquels jusqu’à présent vous ne prêtiez aucune attention.

 

A l'épreuve des paradoxes

 

De tout temps, les paradoxes logiques ou philosophiques ont été posés comme des problèmes pour stimuler la pensée divergente. On peut les classer en 3 catégories qui marquent une progression dans la difficulté:

 

  1. Les probabilistes dont la solution surprenante défie le bon sens (lire l’encadré sur le paradoxe de Monthy Hall),
  2. Les apories où aucune réponse n’est logiquement satisfaisante. C’est le cas du fameux paradoxe du menteur :  lorsque ce dernier affirme qu’il ment, dit-il la vérité ?
  3. Les absurdités qui poussent au non-sens toutes réponses et la question elle-même, comme les Koans dont les maîtres zen japonais se servent pour mettre leurs disciples à l’épreuve jusqu’à provoquer une illumination.

Exemple : « Au spectacle du monde laquelle de tes mains applaudit? ».

À noter que la pratique du Koan n’est pas réservée aux seuls maîtres zen, comme le démontre Raymond Queneau dans cette question : « Quelle différence y a-t-il avec un corbeau ? Et sont même à la portée d’un enfant de 4 ans comme mon fils pablo lorsqu’il me demande: « En quelle année sont nés les chauves, vrai ou faux ? »

 

Plus vous vous frottez à ces trois formes de paradoxes et plus vous pratiquez une pensée divergente qui renforce votre potentiel créatif.

 

Le paradoxe de Monthy Hall

 

Dans ce problème relaté par le Washington Post, la raison créatrice défie le bon sens conventionnel. Lors de son jeu télévisé, l’animateur Monthy Hall proposait aux candidats de gagner une luxueuse limousine. Comment ? Pour le découvrir, le mieux, c’est de jouer à votre tour:

 

Une seule de ces 3 portes cache le gros lot. Les 2 autres s’ouvriront sur un cadeau moins appréciable pour un citadin, à savoir : une chèvre.

 

  1. Choisissez votre porte. C’est fait ? Très bien.
  2. Monthy Hall est vraiment un brave type. Pour vous aider, il ouvre une des portes où il sait que se trouve une des deux chèvres.
  3. Mais voilà qu’il vous donne un avantage de plus! « Si vous le souhaitez, vous pouvez encore changer d’avis et quitter la porte que vous aviez choisie pour prendre l’autre ».

 

Qu’allez vous faire ? Avez-vous intérêt à saisir la perche que vous tend Monthy Hall, ou au contraire à camper sur vos positions? Quel choix vous donne le plus de chance de gagner ?

 

a) Vous pensez que tout ça n’a pas d’importance, que vous changiez d’avis ou pas, vous avez à présent une chance sur deux de gagner.

 

b) Vous restez sur votre premier choix. Et si depuis le début du jeu, vous aviez frappé à la bonne porte ?

 

c) Vous changez de porte car en supposant que votre 1er choix soit mauvais, vous savez maintenant avec certitude où se trouve votre prochaine voiture...

 

À l’évidence, a) est la bonne réponse ? Et pourtant, c’est faux. En revanche c) est vrai !

 

Le but du jeu est clair : pour trouver des solutions créatives, vous avez tout intérêt à changer d’avis et de position. Bref à diverger.

 

Solution : si l'on ne change pas de porte, on gagne si et seulement si on avait fait le bon choix au départ. Or ce choix avait alors une chance sur trois d'être bon. Il y a donc 1/3 de chances de gagner sans changer. Par contre en changeant d’avis à partir du nouveau choix offert, les chances de gagner s’élève à 2/3.

 

Vos 3 mantras sur la divergence

  • À tout problème, il y a une infinité de solutions.
  • N’être qu’un, c’est n’être personne.
  • La bonne idée arrive quand on a épuisé toutes les autres.

Exercice #3 : Le fait divers

(durée libre)

 

Quoi de plus stimulant que de chercher à résoudre l’énigme d’un horrible fait divers? (un de ceux dont les policiers eux-mêmes « n’excluent aucune piste »). À partir des faits et des indices relatés par les journaux, mettez-vous dans la peau de tous les protagonistes. Soyez tour à tour l’assassin, sa victime, le commissaire chargé de l’enquête, un des chiens policiers, un voisin, ou, pourquoi pas, l’arme du crime et donnez votre point de vue. Vous serez surpris par le nombre de solutions que vous allez imaginer...

 

Pour aller plus loin...

 

Appliquez la technique du fait divers et du glissement de personnalité à un problème qui se pose dans votre vie actuellement. Il peut s’agir d’un conflit au travail ou d’une opportunité professionnelle, ou encore d’un projet familial ou personnel qui vous tient à cœur. En adoptant alternativement les points de vue des personnes impliquées : vos collègues ou votre patron, vos proches : conjoint, enfants, amis, notez toutes les façons d’envisager votre problème.

 

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