"Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais leurs jugements sur les choses" - Epictète
"Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais leurs jugements sur les choses" - Epictète

ARTICLES

Comment nouer des contacts et développer son relationnel quand on est introverti?

Le pari des croyances

Photos : Ruth Orkin, 1943, New York City.

Dans le célèbre fragment 396 de ses Pensées, Pascal fait de l’existence de Dieu, l’objet d’un pari et la condition pour le joueur d’une infinité de vies heureuses à gagner.

 

On mesure mal aujourd’hui la portée scandaleuse en son temps d’une telle proposition sous la plume d’un résident de Port Royal. Pascal pousse loin la provocation quand il reprend ainsi à son compte une pensée iconoclaste de son alter ego libertin, le Chevalier de Méré, usant de ce que l’on nomme en psychologie moderne un insight. Que Pascal soit par ailleurs l’inventeur du « moi », à savoir le premier penseur moderne à substantiver ce terme, conforte cette lecture.

 

Pascal invite donc le joueur potentiel : le Chevalier de Méré, toi, moi, à « hasarder certainement le fini » pour le gain incertain de l’infini. « La raison, poursuit-il, n’y peut rien déterminer ». Les termes du pari sont séparés « par un chaos infini (...) à l’extrémité de cette distance (...) qui sépare le gain de la perte, le côté pile du côté face de la pièce ».

 

Nous voilà ainsi tous embarqués et c’est à peine volontaire.

 

Le marché de Pascal semble pourtant fondé en logique puisque, nous rassure-t-il :

« Si vous gagnez, vous gagnez tout, si vous perdez, vous ne perdez rien ».

 

Dans tous les cas, le parieur aura eu grâce de sa vie.

 

Cette invitation de Pascal le rend un rien diabolique à mes yeux. Au sens étymologique du terme : diabolus, « celui qui divise ».

 

Par un tour de passe-passe métaphysique et sous couvert de raisonnement, Pascal pose au passage l’acte de parier comme une condition nécessaire de la connaissance, en tant qu’il permet d’accéder à ce qui est indémontrable. Une vérité se tient à portée de vue, mais dérobée derrière l’horizon de la croyance et que seul un pari viendra confirmer ou infirmer. Le pari apparaît ici comme un outil du savoir intuitif, à ce que Pascal nommait l’esprit de finesse ou son contemporain Spinoza, le 3ème genre de connaissance.

 

Il te faudra donc gager pour gagner. 

 

C’est ici que le pari de Pascal fascine et donne envie d’aller plus loin dans la voie qu’il trace...

 

Que peut nous révéler la tentation pascalienne rapportée à d’autres enjeux que celui du divin? Peut-elle s’appliquer à toute autre croyance? Et que nous dit le pari sur la croyance en général ? Ne gagne-t-il pas encore en vivacité ?

 

Si Pascal se permet de réduire ainsi la foi chrétienne à une espérance mathématique (et avec quelle radicalité) pourquoi ne pourrions-nous pas, à notre tour, examiner nos autres croyances, nous interroger sur leur probabilité, et dès lors que nous les remettons en jeux, mesurer leur impact sur notre vie.

 

De surcroît, le pari pascalien insinue une autre idée encore plus troublante. Le simple  fait de miser sur Dieu suffit à le faire exister, au moins en tant qu’objet de croyance et de pari, au-delà de toutes preuves ou raisonnements contraires. En somme, parier serait déjà croire en quelque chose ou en sa négation (et une négation est toujours négation de queleque chose). Dans cette mesure, toute croyance est prophétie de son objet. Son énoncé est par essence performatif.

 

Cet effet inattendu du pari serait une bonne nouvelle si toutes tes croyances t’aidaient à vivre. Mais tu sens bien qu’elles sont nombreuses et parfois très ancrées, celles qui t’entravent et te nuisent chaque jour davantage. Crois-tu par exemple que telle chose « ne se fait pas » ou que telle autre « est une obligation », ou encore que tel talent ou compétence reste irrémédiablement hors de portée pour toi? Et voilà que tu dresses toi-même les bornes de ta propre vie!

 

Que se passerait-il si tu te mettais toi aussi à parier sur toutes tes croyances, des plus modestes aux plus influentes? Ou même, au-delà, par un retournement réflexif de ta conscience, à engager un pari sur l’acte de croire lui-même !

 

Te voilà maintenant avec quelques cartes en main et de quoi miser.  Prêt à te déterminer pour l’un ou l’autre terme de l’alternative suivante :

 

Hypothèse A : J’accepte le pari des croyances.

 

Tu es donc prêt à mettre en jeu tes croyances ? Toutes tes croyances ? À les risquer sur l’heure? À renoncer à tout ce qu’elles t’apportent de confort, d’habitudes, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs, dans tes bonheurs comme dans tes misères ordinaires, qui sont autant de dispenses au changement? Tu gagnerais, qui sait, sur celles qui donnent son sens à ta vie et que perdrais-tu à te défaire des autres, comme de faux-semblants qui te pèsent ?

 

  • Ta détermination est de type existentialiste. Tes croyances sont des constructions de ton histoire, des routines qu’il t’appartient d’évaluer. Elles entrent dans le champ de ta volonté. Tu peux les choisir à ton gré, ou t’en séparer comme tu le ferais de n’importe quel mobilier encombrant.

 

Hypothèse B : Je refuse de parier sur une croyance.

 

Tu n’es pas joueur et tu préfères rester dans la posture de ne rien tenter, soit que tu ne saurais douter d’une croyance, la tenant forcément pour vraie, ou au contraire que tu t’installes dans la croyance présomptueuse et très sournoise de n’en avoir aucune ? Ce qui constitue deux formes opposées d’un même renoncement. Méfie-toi alors de ne pas passer ta vie à prophétiser tes échecs à venir. Car tu resteras soumis à tes croyances les plus néfastes,  comme à autant de fatalités qui te détruisent, te dénigrent et t’empêchent d'avancer.

 

  • Ta détermination est de type essentialiste. Tes croyances te fondent a priori et restent en cela hors du champ de ta volonté, y compris la croyance en ton libre arbitre. Pour toi, la vie n’est que ce qu’elle est : un enchaînement de causes et d’effets plus ou moins voulus, sellés dans un destin qui te dépasse.

Ici, ton choix, quel qu’il soit, te donne déjà cette inaliénable liberté : décider de ce qui te détermine. Abstiens-toi de tout jugement et considère cet avertissement de Pascal lui-même : « Ne blâmez pas de fausseté ceux qui ont pris un choix car vous n’en savez rien ». 

 

Cependant, se pourrait-il que choisir la première hypothèse te donne un avantage décisif? En gagnant, tu gagnerais, qui sait, sur les croyances qui donnent un sens à ta vie et que perdrais-tu à te défaire des autres, comme autant de faux-semblants qui te pèsent ? Penses-y... Pense à ce possible avantage de progresser, à ton gré, vers une remise en jeu permanente de toi-même ? Serait-ce là un sort enviable ? Je te laisse en décider...

 

D’un coup d’un seul, tes positions vacillent dans la perspective de ton inachèvement, ta situation bascule vertigineusement comme la première occurrence d’une vie dont s’ouvrent tous les potentiels et qui devient proprement sans limites. La question n’est plus de savoir s’il faut croire ou pas, elle s’ouvre sur un arbitrage possible entre tes croyances. Comme si la dernière carte retournée relançait la partie et toutes les parties précédentes. Tu joues alors le Grand Jeu. Tu agis comme si tu pouvais racheter ton passé, même le plus misérable, pour en faire une promesse nouvelle, ici et maintenant, et la condition la plus favorable qui te mène au pari suivant où tout se décide à nouveau.

 

Tu retrouves ici les conditions favorables que pose Pascal puisque tu peux jouer à perte de vue pour un gain incertain et total : la  réalisation de ton existence et sa résolution dans sa pure essence, sans risque de rien perdre, excepté quelques illusions sur toi-même et ce dont tu avais intérêt à te défaire.

 

À mesure que tes multiples paris s’effectuent et que tu t’enrichis des seules croyances sur lesquelles tu es prêt à miser, ta vie peut enfin se déployer sans entrave et avec elle tous tes potentiels qui sommeillent en toi. Dans cet engagement total et constant à rejouer toujours tes croyances pour augmenter ta puissance d’être, tu verras alors se réaliser la prophétie de Goethe, et sortir du néant tous les alliés de la Providence venus  pour éclairer ton chemin :

« Une quantité d’éléments sur lesquels tu ne pourrais jamais compter par ailleurs contribue à t’aider. La décision engendre un torrent d’événements. Tu profites alors d’un nombre de faits imprévisibles, de rencontres et d’un soutien matériel que nul n’aurait jamais osé espérer. Quelle que soit la chose que tu peux faire ou que tu rêves de faire, fais-la. L’audace a du génie, de la puissance, de la magie.

Commence dès maintenant ».

 

Il ne te reste plus pour engager le pari des croyances qu’à te poser ces 3 questions :

 

Qu’as-tu envie de croire maintenant ?

Qu’as-tu à y gagner ?

Qu’es-tu prêt à parier ?

 

16 juillet 2014

Peter Hooch, Les jouerurs de cartes

Le jazz et l'hypnose

Pratiquer l’hypnose, c’est comme jouer du jazz. Bien sûr, tu maîtrises le thème , mais ce qui se joue de plus important n’est pas écrit sur la partition et c’est l’espace de l’improvisation. Les grands hypnotiseurs sont aussi de grands improvisateurs. Ils swinguent sur la psyché. Milton H. Erickson est le Charly Mingus de l’hypnose. 

Neurolinguistique des Monty Python

Brian, le rebelle servile.

Pour voir l'extrait : http://bit.ly/1eMggxD

La scène la plus mémorable de La vie de Brian des Monty Python est sans nul doute lorsque notre héros se fait surprendre la nuit par une patrouille romaine en train de graffiter un mur avec un slogan dans un latin sommaire invitant l’oppresseur à retourner dans son pays. S’en suit une réprimande du centurion, lequel donne au rebelle une magistrale et cuisante leçon de conjugaison. Puni, Brian devra recopier l’énoncé correct 100 fois avant le coucher du soleil sous peine de se voir désolidarisé de ses attributs virils. Voilà donc notre Brian réduit à couvrir tous les murs de la citadelle d'un «Romani ite domum» (Les Romains, dehors!) grammaticalement impeccable.

 

Que s’est-il donc passé? Une rupture du méta-modèle exposé Par Bandler et Grinder dans leur théorie de la programmation neurolinguistique (PNL). Ce méta-modèle de programmation repose sur l’idée que le système de représentations et de croyances d’un sujet, ici Brian ou le Centurion, influe sur ses faits de langage et inversement. Il y a rupture du méta-modèle lorsque l’expression marque une faille par rapport à son mobile explicite. En l’occurrence, cette rupture ou cette faille s’observe  autant dans l’expression hésitante de Brian qu’à travers la causalité absurde des comportements induits chez le Centurion.

 

Ainsi, lorsque Brian entend faire savoir aux Romains «sa façon de penser», ce qui est en jeux n’est plus «ce qu’il pense», mais «de quelle façon il pense».

Emerge alors une infra-pensée, souterraine et puissante, une pensée d’avant la pensée consciente qui la contient et dont cette dernière ne serait qu’une sorte d’écume résiduelle. Le film montre d’ailleurs que Brian agit plus pour être admis dans un groupe d’activistes que par intime conviction.

 

Inconsciemment, le Centurion sent l’inconséquence de Brian et requalifie son insubordination en allégeance à l’Empire. L’effectuation de son propre programme de représentations intensifie la rupture du méta-modèle initiée par Brian selon 3 axes logiques et complémentaires : l’omission, la distorsion et la généralisation. 

 

L’omission :

Le Centurion filtre l’expression de Brian pour n’en retenir que la maladresse grammaticale. Dans la mesure où Brian s’exprime en latin vulgaire, il ne peut plus être perçu comme un ennemi ou un danger, mais comme simple sujet, qui plus est barbare.

 

La distorsion :

Il s’agit là d’une transposition créative de la situation vécue. Le Centurion quitte son statut de guerrier réprimant l’insurgé pour celui du pédagogue soucieux des progrès scolaires d’un élève en difficulté (avec toutefois en référence l’âpre sévérité qui sévit dans les British High Schools). 

 

La généralisation :

Le processus consiste à détacher une expérience concrète de sa réalité immédiate pour la rattacher à une catégorie plus générale de l’entendement comme l’explique Kant dans sa Critique de la Raison Pure. Ce plateau en bois monté sur quatre pieds entrera par exemple dans la catégorie «tables». De même, pour ce bipède coiffé d’un casque à cimier, cet autre bipède vêtu de guenilles de peintre sera comme lui assimilé à la catégorie «Romains»,  quoique de classe inférieure, même s’il convient d’admettre que chacun de ces deux «Romains» considère l’autre comme vaguement étranger chez lui.

 

Dans son malheur, Brian s’en tire donc pour le mieux de cette mésaventure. De façon paradoxale, c’est en atteignant son objectif de départ bien au-delà de ses espérances qu’il parfait sa propre aliénation et travaille à son intégration dans la cité. Preuve que nos programmations inconscientes, souvent provocantes, ont toujours une visée protectrice cachée.

 

Imaginons un instant que Brian ait écrit sur le mur dans sa langue maternelle, indéchiffrable par le Centurion, un chaleureux «Hé, Bienvenue les romains!», il aurait été empalé sur le champ pour dégradation des biens communs de l’Empire. On ne rigolait pas du temps de Brian.

La scène la plus mémorable de La vie de Brian des Monty Python est sans nul doute lorsque notre héros se fait surprendre la nuit par une patrouille romaine en train de graffiter un mur avec un slogan dans un latin sommaire invitant l’oppresseur à retourner dans son pays. S’en suit une réprimande du centurion, lequel donne au rebelle une magistrale et cuisante leçon de conjugaison. Puni, Brian devra recopier l’énoncé correct 100 fois avant le coucher du soleil sous peine de se voir désolidarisé de ses attributs virils. Voilà donc notre Brian réduit à couvrir tous les murs de la citadelle d'un «Romani ite domum» (Les Romains, dehors!) grammaticalement impeccable.

 

Que s’est-il donc passé? Une rupture du méta-modèle exposé Par Bandler et Grinder dans leur théorie de la programmation neurolinguistique (PNL). Ce méta-modèle de programmation repose sur l’idée que le système de représentations et de croyances d’un sujet, ici Brian ou le Centurion, influe sur ses faits de langage et inversement. Il y a rupture du méta-modèle lorsque l’expression marque une faille par rapport à son mobile explicite. En l’occurrence, cette rupture ou cette faille s’observe  autant dans l’expression hésitante de Brian qu’à travers la causalité absurde des comportements induits chez le Centurion.

 

Ainsi, lorsque Brian entend faire savoir aux Romains «sa façon de penser», ce qui est en jeux n’est plus «ce qu’il pense», mais «de quelle façon il pense».

Emerge alors une infra-pensée, souterraine et puissante, une pensée d’avant la pensée consciente qui la contient et dont cette dernière ne serait qu’une sorte d’écume résiduelle. Le film montre d’ailleurs que Brian agit plus pour être admis dans un groupe d’activistes que par intime conviction.

 

Inconsciemment, le Centurion sent l’inconséquence de Brian et requalifie son insubordination en allégeance à l’Empire. L’effectuation de son propre programme de représentations intensifie la rupture du méta-modèle initiée par Brian selon 3 axes logiques et complémentaires : l’omission, la distorsion et la généralisation. 

 

L’omission :

Le Centurion filtre l’expression de Brian pour n’en retenir que la maladresse grammaticale. Dans la mesure où Brian s’exprime en latin vulgaire, il ne peut plus être perçu comme un ennemi ou un danger, mais comme simple sujet, qui plus est barbare.

 

La distorsion :

Il s’agit là d’une transposition créative de la situation vécue. Le Centurion quitte son statut de guerrier réprimant l’insurgé pour celui du pédagogue soucieux des progrès scolaires d’un élève en difficulté (avec toutefois en référence l’âpre sévérité qui sévit dans les British High Schools). 

 

La généralisation :

Le processus consiste à détacher une expérience concrète de sa réalité immédiate pour la rattacher à une catégorie plus générale de l’entendement comme l’explique Kant dans sa Critique de la Raison Pure. Ce plateau en bois monté sur quatre pieds entrera par exemple dans la catégorie «tables». De même, pour ce bipède coiffé d’un casque à cimier, cet autre bipède vêtu de guenilles de peintre sera comme lui assimilé à la catégorie «Romains»,  quoique de classe inférieure, même s’il convient d’admettre que chacun de ces deux «Romains» considère l’autre comme vaguement étranger chez lui.

 

Dans son malheur, Brian s’en tire donc pour le mieux de cette mésaventure. De façon paradoxale, c’est en atteignant son objectif de départ bien au-delà de ses espérances qu’il parfait sa propre aliénation et travaille à son intégration dans la cité. Preuve que nos programmations inconscientes, souvent provocantes, ont toujours une visée protectrice cachée.

 

Imaginons un instant que Brian ait écrit sur le mur dans sa langue maternelle, indéchiffrable par le Centurion, un chaleureux «Hé, Bienvenue les romains!», il aurait été empalé sur le champ pour dégradation des biens communs de l’Empire. On ne rigolait pas du temps de Brian.

Comment traiter le stress?

Même Superman souffre d'un stress connu sous le nom de Kryptonite verte.

Pensez-vous que le stress peut être converti en énergie émotionnelle positive ?

 

Tout le monde est à la merci du stress. Une vie sans stress est tout simplement impensable. Même Superman en souffre. Son stress est connu sous le nom de Kryptonite verte. Exposé aux radiations de ce minéral, Superman perd aussitôt tout pouvoir, se voit anéanti par les douleurs et la nausée. Il sait qu’une exposition prolongée le conduit inexorablement à la mort et cette inquiétude et son impuissance à s’extraire de cette influence constituent des facteurs aggravants. Il n’y a donc aucune conversion possible en énergie positive. Superman sait par ailleurs qu’il a une ressource pour l’aider dans la vie : Lois Lane. Socialement, Lois Lane est une journaliste, mais dans l’intime de leur relation, elle devient une hypnotiseuse qui sait y faire avec la Kryptonite verte. Malheureusement, en 1993, Superman fut trop têtu pour accepter son aide. On connaît la suite.

 

Je considère le stress, non comme une énergie potentiellement réversible, mais comme une contrainte biologique dont l’hypnose tient compte pour en tirer des informations et bâtir des stratégies préventives ou d'esquive qui conduisent au changement. Malheureusement, nous n'avons pas toujours les aptitudes nécessaires pour diriger notre esprit en ce sens. Certains patients consument leur énergie en pure perte, élaborent des stratégies sans résultats pour tenter de se maintenir dans un environnement toxique (les radiations de la Kryptonite verte), là où la solution réside dans un changement radical, interne ou externe, de leur situation, de leur position dans cet environnement.  Car le stress est en soi un mécanisme nécessaire, en tant que signal impérieux de prendre la fuite. Or, il arrive au contraire qu'un soit fasciné, stupéfait, médusé par son stress. Qu’il se soumette en victime à sa toute puissance, qu’il s’abandonne au mortel poison. On observe dans la nature comment certains prédateurs peuvent ainsi subjuguer leurs proies. Pour sortir de cette attraction maléfique, une attraction plus forte est nécessaire.  À l’oiseau fasciné par le serpent, il suffit d’entendre le bruissement d’un arbre voisin pour trouver la force de s’envoler. Quant à nous pauvres humains, c’est par un élan passionnel, le choix d’un nouveau défi ou tout objectif à fort investissement émotionnel que nous pourrons nous soustraire au stress. Ces puissants dérivatifs, l’hypnose offre une voie pour les détecter, les formuler et révéler, comme dans le cas de Clark Kent,  leurs super-pouvoirs.

 

Le réel, tel qu'on le croit.

Question :

Cette figure est-elle :

  1. Concave?
  2. Convexe ?

 

Réponses : 

Si vous avez répondu 1)

Vous avez raison

... et vous avez perdu.

Si vous avez répondu 2)

Vous avez raison,

... et vous avez perdu.

Comment peut-on avoir raison et tort à la fois ?

Parce que cette question est idiote car cela dépend de la position de l’observateur. La réalité n'est pas donnée une fois pour toutes. Elle est celle que vous créez. Vos croyances la limitent ou l'étendent.

 

Alors, commençons par poser les bonnes questions :

  1. Demandez-vous quelles croyances, quelles certitudes préalables vous ont prédéterminé à choisir.
  2. Qu’avez-vous perdu en faisant votre choix ?
  3. Votre choix était-il libre ou conditionné par la question posée ?
  4. En quoi s’ouvrir sur la question et non se fermer sur les réponses suggérées vous rend plus fort, plus libre face à tout événement qui vous appelle à décider ?

Comment David Lynch rend-il ses films hypnotiques ?

La clé hypnotique des énigmes de Mulholland Drive

La fréquentation des salles obscures fournit les conditions les plus propices à la transe hypnotique. Comme jadis les prisonniers dans la caverne de Platon, nous voilà fascinés par le jeux d’ombres et de lumières projetées sur la paroi. Ce rêve immersif qui nous absorbe se donne pour une étrange réalité, un souvenir d’événements qui nous seraient arrivés à notre insu et dont nous ressentons avec toute la puissance d’un ressac, la portée inattendu sur le cours de notre vie ordinaire.

Il n’en reste pas moins vrai que ce déjà-vu saisissant d’un événement aboli s’obtient plus facilement avec Mulholland drive de David Lynch qu’avec Banana Boulevard, du trop méconnu Richard Balducci. A quoi tient donc cette singularité des films de David Lynch ?

Le créateur de Blue Velvet et de Twin Picks utilise tout simplement un procédé bien connu d’induction hypnotique qui s’articule en trois étapes :

 

1.     La confusion

2.     La dissociation

3.     La suggestion

 

La confusion

Il s’agit d’abord d’exposer aux spectateurs une intrigue labyrinthique aux repères spacio-temporels brouillés. A ce stade, il est important d’appuyer lourdement sur tous les clichés du polar pour faire croire à la résolution d’une énigme particulièrement rêtive à l’investigation, là où ne se déroule en fait qu’une histoire sans queue, ni tête et pour tout dire « à dormir debout ». A ce jeu-là, toutes les facultés analytiques et rationnelles du sujet sont puissamment mobilisées et l’esprit conscient, placé dans une voie de garage, se trouve ainsi hors d’état de nuire.

 

La dissociation

La part inconsciente du sujet, laissée la bride sur le cou, est exposée à un déluge d’images et de sons qu’elle  prend de plein fouet et sans aucune distanciation critique. Elle traite alors comme c’est son rôle tous les phénomènes qui se présentent comme autant d’expériences et d’apprentissages réels qu’elle a pour mission d’emmagasiner. Soumis pourtant au mêmes péripéties, Conscient et Inconscient se désolidarisent tout-à-fait dans leur interprétation, sans aucune communication comme s’ils s’étaient perdus de vue à deux extrêmités de la salle, allant jusqu’à oublier la présence de l’autre et jusqu’au souvenir qu’à l’origine c’était bien ensemble qu’ils s’y étaient rendus !

 

La suggestion

Toutes les images suggérées s’enracinent enfin dans le vécu du spectateur et y engravent des émotions variables mais foncières qui vont, selon les parcours de vie, de la panique à la colère, du dégoût au désir, de l’ennui à l’obsession, et suscitant des

des avis tout aussi mitigés, de la dévotion béate à la condamnation sans appel.

 

On ne saurait trop insister en conclusion sur la puissance pharmacologique de films conçu sur ce modèle, lesquels agissent en effet comme des drogues, tout en mettant en garde leurs consommateurs sur le caractère aléatoire de la prescription et partant sur les résultats obtenus.

 

Extrait et démonstration en images :

http://bit.ly/1bCE1GD

Maîtriser les ondes cérébrales. Quelles résonances entre l’esprit et la matière ?

L'artiste Lisa Park utilise ses ondes cérébrales pour dessiner sur l'eau

En fonction de nos états de conscience, de notre activité physique, de nos émotions, de notre investissement psychique, les neurones de notre cerveau s’activent et se calment en cadence. Cette rythmique de l’influx cérébral se traduit par des pulsations d’intensité et d’amplitude variables qui définit une fréquence d’ondes. L’expression « être sur la même longueur d’onde » est est ainsi du point de vue des neurosciences très fondée pour illustrer l’entente entre deux personnes qui résonnent en sympathie, à la façon des cordes pincées d’une guitare. La mesure de cette fréquence est le Hertz qui équivaut à une ondulation par seconde. Dans la transe hypnotique, le sujet et son thérapeute se synchronisent ainsi dans les ondes thêta, comprises entre 4 et 7 Hz. A titre comparatif, le sommeil profond produit des ondes delta (0,5Hz < t < 4Hz), tandis qu’une hyperactivité créatrice culminera dans les ondes gamma (30Hz< g < 35Hz).

 

Peut-on diriger les ondes émises par notre cerveau ?

 

L’expérience Eunoia, « Belles pensées » en grec en apporte une preuve d’une grande pureté formelle. Elle met en scène les ondes cérébrales produites par l’artiste plasticienne Lisa Park. Un entraînement particulier permet à Lisa de déclencher instantanément ses émotions : colère, désir, joie, tranquillité... lesquelles sont traduites simultanément en ondes sonores et en vibrations des coupelles installées autour d’elle et de l’eau qu’elles contiennent. Selon un schéma inverse, il est possible par la musique, la parole thérapeutique et le recours aux images symboliques d’influer sur l’activité cérébrale d’un patient afin de traiter notamment les troubles du sommeil ou neurasthéniques. Cet aller-retour nous interroge philosophiquement sur les liens de causalité entre l’esprit et la matière et métaphysiquement sur la question de la dualité ou de l’unité.

http://bit.ly/17uShwl

Pour décoder ce que révèlent les mouvements des yeux...

La calibration est une technique d'observation qui consiste à décrypter les réactions émotionnelles de votre interlocuteur et sa manière de décider. L’hypnothérapeute s’en sert pour se synchroniser sur son interlocuteur et enrichir la communication en lui parlant dans son champ émotionnel.

 

En effet, nous possédons tous un canal sensoriel dominant : visuel, auditif, kinestésique, olfactif, gustatif. Cette tendance se manifeste dans le langage : « je ne vois pas ce que tu veux dire », « je sens que ça ne va pas», « ton truc sonne faux », etc. Et plus encore au niveau des mouvements occulaires.

 

Pour décrypter le schéma sensoriel de votre interlocuteur, voici quelques indications.

 

Le Visuel : le mouvement des yeux vers le haut. Gestes rapides, voix tonique. Soin vestimentaire. Les visuels savent capter les regards et peuvent avoir une bonne répartie.

 

L’ Auditif : le mouvement des yeux sur les côtés. Intonations de voix expressives et variées. Vocabulaire précis. Port de tête légèrement incliné, en particulier chez les femmes.

 

Le Kinesthésique : le mouvement des yeux dirigé vers le bas.

Relationnel plutôt chaleureux. Engage la conversation. Cherche à mettre à l’aise son interlocuteur. Apprécie le contac physique. Joint le geste à la parole. Assis, il s’affale volontiers dans sa posture.

 

Le decryptage visuel en détail.

 

En haut à droite : le Visuel souvenir.

Votre interlocuteur cherche ses idées et les images d’événements passés pour l'aider à décider. En situation de prise de décision, il faudra aider la personne à décrire ce qui est encore flou pour elle.

 

En haut à gauche : le Visuel construit.

Votre interlocuteur met en images ce que vous lui dites. Quand vous lui posez une question, aidez-le à mettre en scène la séquence en lui faisant préciser ce qu’il voit.

 

 

Au milieu à droite : l'Auditif souvenir. Votre interlocuteur se souvient d'une conversation. En situation d'hésitation, il faudra lui faire énoncer ce qui compte le plus pour lui. N’hésitez pas à répéter ses paroles pour le rassurer et « vous mettre au diapason ».

 

Au milieu à gauche, c'est l'Auditif construit. La personne crée une mélodie sur laquelle il va poser ses mots. Il peut installer son regard dans cette position jusqu'à ce  qu’il parvienne à un sentiment de satisfaction. Il sera important de s'accorder à la qualité de la voix de votre interlocuteur et de se mettre en rythme (rythme de la parole et volume de la voix).

 

En bas à droite : le Dialogue interne. La personne se parle à elle-même. Elle ne visualise pas d'image. Souvent, elle est plongée dans sa réflexion. Vous pouvez l'aider à chasser ses craintes par des questions ouvertes commençant par "comment" qui l’invitent à parler et au fil de la discussion, fixer sa partition.

 

En bas à gauche, c'est le Kinesthésique. La personne est dans le ressenti, ses sensations, ses intuitions. Il faudra donc lui demander d'expliquer avec détails ce qu'elle percoit par rapport à elle. Souvent son jugement est sûr. Il sera inutile de la convaincre par rapport à vous. Mais plutôt en relation directe par rapport à son histoire.

 

La calibration : lire les visages, mais dans leur langue d'origine.

Le test de Triandis et Lambert (1958) sur les expressions du visage a le premier révélé des disparités d'interprétations selon les cultures

Le test de Triandis et Lambert : la première étude inter-culturelle sur les expression du visage.

 

Cette photo d'une actrice américaine fut présentée à 3 groupes homogènes :

  • des étudiants américains du Connecticut
  • des étudiants grecs d'Athènes
  • des habitants de Sfakera, un petit village sur l'ile de Corfu. 

Tous devaient noter l'expression du visage sur 3 échelles :de l'agréable au désagéable, de l'intérêt au rejet, du repos à la tension extrême. Les enquêteurs furent eux-mêmes surpris par 3 constats:

  1. L'expression décrite par eux-mêmes comme "une colère intense lors d'une dispute" reçut globalement des scores plus mesurés, ce qui nous met en garde sur nos propres projections en matière de comportements.
  2. Les étudiants des deux pays présentèrent des interprétations équivallentes. Ils avaient en commun, une culture du cinéma américain et de ses stéréotypes.
  3. Les villageois de Sfakera jugèrent l'expression plutôt agréable, attentive et mesurée. Il se trouve qu'à cette époque, les paysans grecs pratiquaient encore couramment une tradition d'agression verbale et de défi exacerbé, héritée des héros antiques, que l'on retrouve encore aujourd'hui dans les battles des rappeurs ou dans le monde du catch. Si bien que la jeune femme restait pour eux bien en deça des ratios d'expression de la colère.

 

L'observation des expressions non-verbales est une base de la pratique de l'hypnose. En lisant les visages, le thérapeute obtient de précieux indices émotionnels souvent hors du champs de conscience du sujet et en contradictions avec ses propos. Encore doit-il dans cette discipline maîtriser les langues étrangères... 

 

Et pour en savoir plus, découvrez sur ma chaîne You Tube ce reportage d'Arte :

http://www.youtube.com/watch?v=hHgMvxfuRlo

 

Consultations

Pour prendre rendez-vous, merci de me contacter sur mon mobile au: 

06 63 94 49 00 

Pour plus de détails sur les modalités :http://bit.ly/15sHvU1 

A bientôt.

Références

Pour en savoir plus sur l'Institut Français d'Hypnose Ericksonienne (IFHE), ses activités, ses formations, ses praticiens.

http://www.ifhe.net/

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Les Matins de la méditation

Les Matins sont l'occasion de découvrir une forme originale de méditation pleine conscience qui associe les traditions orientales et les techniques de l'auto-hypnose moderne. Une pratique efficace et simple à intégrer dans nos modes de vie occidentaux. Je m'étonne chaque matin de ses bienfaits : équillibre, sérénité, clairvoyance, créativité, estime de soi...

Et vous, sur quelles croyances êtes-vous prêt à engager votre vie? Mon dernier livre vous attend aux éditions Derrière la Salle de Bain...

http://bit.ly/LePari

Vidéo coaching.

Que faire de vos pensées négatives?

3 conseils pratiques pour renforcer l'estime de soi

Les pensées négatives

Le Tao du Lâcher-Prise

Au bois de Rueil-Malmaison, à 10 minutes du cabinet...

Ce  fameux "Lâcher-prise" dont tout le monde parle ! Que chacun cherche avec tant d'obstination. Sans succès évidemment. Pourquoi ? Qui veut dormir à tout prix s’enferre dans l’insomnie. Selon cette même injonction contradictoire, le candidat au Lâcher-prise, tant qu’il le veut, excelle à ne pas lâcher prise.

 

Lire les visages

Pour vous cet homme exprime très certainement la surprise, mais pour un Japonais? Pour un Malien? Et de quelle "surprise" s'agit-il? La surprise du guerrier Massaï au moment d'attaquer? Celle du père Japonais devant le corps de son enfant mort? Ou encore la surprise de l'amateur d'art occidental devant une pièce de collection? Décryptage.