"Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais leurs jugements sur les choses" - Epictète
"Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais leurs jugements sur les choses" - Epictète

ARTICLE

Faut-il diaboliser Facebook?

De la mise en scène de soi à la dépendance aux autres, la damnation digitale de Narcisse.

#psycho #philo #ego

Dans Les techniques de soi ambivalentes*, Alexandre Coutant associe la pratique des réseaux sociaux à ce que Michel Foucault nommait les « techniques et arts de soi » dans la mesure où ces réseaux (en particulier Facebook) constituent pour leurs utilisateurs un outil d’émergence de leur soi, un soi entendu comme « co-construction négociée entre les interactants » (Goffman). Un profil Facebook, en tant que recueil de statuts, de discussions et partage public de documents multimédia privés, pourrait en effet s’apparenter à une forme contemporaine des hypomnemata et autres exercices épistolaires chers à Sénèque. Un rapprochement qui pour Coutant ne suffit pas à masquer une profonde divergence quant aux mobiles. Au recul réflexif et à l’appréhension d’une identité stable que permettaient les techniques de soi antiques, Facebook substitue un frénétique "tout-à-l’ego" (pour reprendre un titre de Benaquista); fuite en avant narcissique, dans laquelle le sujet s’oublie dans une quête anxieuse de popularité,  encouragée par la capacité du réseau « à intégrer des logiques sociales fortes ».

 

Faut-il pour autant diaboliser Facebook ?

 

En un sens oui, celui de l’étymologie, le mot diable, διάβολος, signifiant « celui qui divise ». Facebook crée en effet dans une même proposition, l’aliénation du sujet tout en lui donnant les outils d’une affirmation de soi. Se cache dans cette ambivalence un pouvoir répressif, plus efficace que celui du Big Brother de Georges Orwel, parce que plus séducteur et sournois, en tant qu’il se fonde sur la dictature du narcissisme. Facebook intervient et se développe sur nos fragilités : la quête incertaine et désirante d’une estime de soi par la reconnaissance des autres. Il engage ainsi bon nombre d’internautes à ce que Serge Tisseron nomme une extimité, contrainte et déstabilisante. Nous pourrions ici appliquer à Facebook, ainsi qu’à l’ « egoflow » qu’il constitue en idéologie, la définition de Roland Barthes sur la langue « ni réactionnaire, ni progressiste, mais tout simplement fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire ».

 

Alexandre Coutant conclut en appelant à l’ouverture « d’un champ de recherche interdisciplinaire pour permettre une meilleure formation des compétences d’utilisation de ces plateformes ».

 

Il apparaît plus urgent encore d’élaborer et conduire des formations préventives auprès les utilisateurs, notamment adolescents, à une pratique réflexive et critique de leur outil social pour développer un « art de soi » qui fasse bien la distinction entre le double, artefact exposé, et le soi qui se construit sans s’y réduire.

 

Mark Lahore

Octobre 2016

 

A lire également : 

Des techniques de soi ambivalentes

Par Alexandre Coutant

 

https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HERM_059_0051#

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